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Enjeux de la session de décembre du Grand Conseil

15 décembre 2025

Blatten – Un décret en prémisse d’un cadre légal

Cette semaine, notre parlement cantonal se penche sur le décret Blatten, proposé par le Conseil d’État à la suite des intempéries qui ont frappé la commune durant l’été 2025.

Le Centre Valais romand entrera naturellement en matière et acceptera ce texte, conscient de l’urgence de la situation et des impératifs humains, sociaux et matériels qu’elle impose. Il est essentiel d’agir rapidement afin de permettre aux habitantes et habitants concernés de se projeter à nouveau dans l’avenir.

Nous ne sommes toutefois pas entièrement en phase avec une approche du type « quoi qu’il en coûte » qui semble motiver le Conseil d’État. Nous appelons à une gestion pragmatique et responsable des chantiers qui permettront de construire le nouveau village de Blatten, dans le respect des finances publiques et des réalités alpines. Et cet appel vaut pour toutes les autres catastrophes passées ou à venir.

Comme le rappelait notre chef de groupe Nathan Bender dans ses colonnes en septembre, Quand on veut on peut. « Avec Blatten, on voit que l’État est capable d’assumer son rôle solidaire et responsable. Nous aimerions que ce soit le cas dans tout notre beau canton. Il est temps d’apprendre du passé et de remplacer les systèmes qui ne fonctionnent pas. Nous appelons de nos vœux une stratégie publique équitable et cohérente. »

Pendant des années, nous avons parfois oublié que vivre au cœur des Alpes comporte des risques bien réels. Ces événements nous rappellent que d’autres situations similaires pourraient survenir. Il est dès lors indispensable de mieux nous préparer, notamment en posant les bases d’un cadre légal clair et adapté aux défis à venir.

Vincent Roten – 079 / 623 68 31

 

Combien coûte le maintien d’un système de santé de qualité ?

Cette semaine, le Grand Conseil se prononcera sur l’octroi d’un crédit supplémentaire en faveur du Service de la santé publique. Après plusieurs années de maîtrise budgétaire — hors période Covid — l’année 2025 marque une rupture.

La santé est un pilier essentiel qui concerne chaque citoyenne et chaque citoyen. Afin de garantir des prestations de qualité à l’ensemble de la population, des moyens financiers complémentaires sont aujourd’hui nécessaires.

Nous déplorons l’obligation de valider le financement à posteriori d’une erreur de budget, même si plusieurs facteurs expliquent cette situation : la revalorisation du point TARMED hospitalier, qui impacte directement les finances cantonales, l’octroi du renchérissement décidé par le Conseil d’État sans qu’il ait été intégré au budget voté, le vieillissement accéléré de la population valaisanne et l’augmentation des besoins en soins, ainsi qu’un surcoût lié aux réductions individuelles de primes.

Au total, le crédit supplémentaire demandé s’élève à 32 millions de francs, dont 12 millions seront assumés directement par le Service de la santé publique.

Garantir un système de santé accessible et performant a un coût. En 2025, ce coût est de 32 millions de francs supplémentaires.

Ludivine Luy – 079 434 55 22

 

L’Université du Valais : le savoir, moteur durable de notre prospérité

UniDistance offre des formations à distance et à temps partiel à 2600 étudiants, un nombre décuplé en vingt ans. Le renouvellement de son accréditation doit avoir lieu en 2027. Il est prévu d’en profiter pour en faire une université cantonale à part entière. Pour ce faire, un nouveau cadre juridique est nécessaire, et les ressources de l’Université passeraient de 35 mio en 2025 à 51 mio en 2029 (dont 31% à charge du Canton). Adeptes de la logique qui prévaut désormais outre-Atlantique, d’autres groupes politiques pourraient succomber à la tentation de conditionner leur soutien à des exigences de retombées financières. Ils ont la partie facile, car on ne chiffre pas ce que rapporte l’éducation comme on comptabilise un placement boursier. Ce qui n’empêche pas Le Centre d’être intimement convaincu que le retour sur investissement dans le capital humain est immense et durable ; de notre système d’apprentissage aux écoles polytechniques fédérales, c’est une des clés du succès de l’économie helvétique.

Ayons donc le courage et l’intelligence de pérenniser et de développer une institution moderne qui permet de concilier études avec responsabilités professionnelles et familiales (l’étudiant moyen a 38 ans), et offre ainsi un modèle de formation unique et complémentaire aux deux EPF et aux dix autres universités cantonales existantes.

Frédéric Rey-Bellet – 079 / 485 91 26

 

Sion, le 15 décembre 2025